Atelier d’écriture #1-b

Écrire, c’est faire emplette de nuages
Les nuages moelleux s’étirent sur le sol.
Leur peau glacée se craquèle,
laissant apparaître leur chair de terre brûlée.
Ils se déchirent doucement en petits flocons
que le ventilateur fait tourbillonner au plafond.

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Les nuages gémissement lorsque le vent souffle
Le soleil frappe le sol les pierres brûlent
Au loin devant les ombres fantastiques de la forteresse de terre
Des chevaux sauvages, soudain
Jetés dans la Mer comme des troncs d’arbres
Montent et descendent verticalement dans le paysage et leur silhouette est hachée par les espaces.
Les nuages foncent en noir contre la lumière
Leur ombre orné de colonnes.
Et une très ancienne nostalgie de ce voyage
Se balance dans les nuages.

**

Qui ? Quoi ? Quand ? Pourquoi ? Comment ?
Bon, cela fait maintenant une bonne demi-heure que je marche, afin marcher, est un bien grand mot – que je me cogne à des gens pressés – pardon, excusez-moi, je suis en retard, j’en ai marre, non mais, qu’est ce qu’ils ont tous aujourd’hui – on dirait que la ville entière, enfin le département s’est donné rendez-vous sur la place du Capitole pour les achats de Noël.
Achats de Noël, oh que je n’aime pas ce mot ! je le déteste même !! – pardon, excusez-moi – je vais être en retard – une odeur de vin chaud et d’oignons frits me titille les narines. Beurk ! Comment peut-on, en plein après-midi ? Non mais, poussez-vous, j’ai rendez-vous pour mon atelier d’écriture. Je vois de loin la vitrine éclairée. Tant bien que mal, je me faufile jusqu’au trottoir, une voiture de police bouche le passage. État d’urgence oblige. J’ouvre précipitamment la porte, traverse la salle et soudain il semble à la fin que tout va s’éclairer sous le signe de ces couleurs frémissantes, du blanc au rouge, du noir au cobalt.

Catherine Lafite

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