Atelier d’écriture #1-c

Ecrire c’est faire emplette de nuages.

 

Vous entrez dans la salle et vous regardez les nuages de haut. D’abord, c’est désobligeant, et puis c’est dommage, vous n’en voyez qu’un aspect.

Il faut se baisser, mettre ses yeux à hauteur de nuages et là, vous verrez.

Ce petit nuage anodin, le croiriez-vous ? Il a une forme de paire de fesses posées sur le lit au moment du lever ou du coucher. De jolies fesses bien rondes. Voilà qu’une histoire coquine naît et va prendre son essor.
Celui-là, vu d’en haut, c’est un paysage vallonné assez banal. Baissez-vous : un squale à la bouche sombre fonce vers vous, qui nagez dans une mer pleine de dangers.

Celui-là ? La crête qui mène au plus haut sommet de la montagne. Surplombs, crevasses, séracs, éclat sonore du piolet dans l’air glacé.

Celui-ci ? Blanc dessus mais bleu dessous, comme le ventre doux d’une bête.

Et l’ombre ! Vus d’en haut, les nuages ont juste une petite ombre de solstice d’été, une ombre sans mystère. Asseyez-vous et les ombres s’étirent légères ou noires et mystérieuses.

Nous devrions regarder les nuages couchés dans l’herbe. Ils dérivent lentement dans le grand ciel et nous les suivons rêveusement. C’est ainsi qu’ils nous livrent leurs histoires, les enfants et les poètes le savent bien.

 

Geneviève Caumel

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