ATELIER D’ECRITURE / L’ART DE LA DISCRETION

Des plumes légères se sont posées sur l’Art de la discrétion, sous le regard bienveillant d’Elise Vandel.

 

 

Textes de Josette Echène

CARTEL CHEZ QUENTIN.

H : du sol au plafond

L : d’un mur à l’autre en angle droit

P : variable ; remise à niveau chaque soir à la fermeture

Matière : papiers enveloppants, brillants, pétillants, couleur fraise, mandarine, menthe, violette, citron, myrtille ; sucrés, cristallisés, parfumés ; véritables, directement issus du tournage de Charlie et la grande chocolaterie avec Johnny Deep grand consommateur de ces friandises. L’anecdote raconte qu’un wagon entier livré à quai gare Matabiau sera transporté puis déversé dès le 26 février devant la fondation Écureuil Place du Capitole à raison de 100 kilos par jour.

Quentin Jouret.

Nb : aucune clause ne prévoit l’avenir de ces bonbons.

 

 

«  On parle toujours de la violence du fleuve mais jamais de celles des rives qui les enserrent. »

Ainsi, le livre fermé ne cessait de vouloir s’ouvrir. A peine tournée, la page appelait la suivante qui se retournait pour voir si elle était suivie. Les mots n’avaient pas le temps de s’accrocher à la feuille blanche. Ils s’approchaient les uns des autres dangereusement, de manière troublante jusqu’à déraper, parfois même à perdre qui une hampe, qui un jambage, qui son corps entier. Les feuilles glissaient l’une sur l’autre comme oiseaux dans un ciel limpide en broderies bleues, dégradé sur drap de lit. Parfois, vacillantes, à la prochaine page, enivrées elles se fixaient encore étourdies. L’inconnu alors se produisait de manière évidente. La libre association peu à peu alignée discutait ensemble de la syntaxe ainsi mise en place, de la longueur d’une phrase, de la saveur d’un mot. « Vierge » nommé au cinquième tour obtint un succès phénoménal ! Il titrait à lui seul le contenu du manuscrit des huit personnes rassemblées au pied de la colline aux bonbons. Vierge, le livre l’était sur son étagère. Pourtant sa fadeur primordiale s’est teintée de fraîcheur souveraine lorsque des yeux, une main amusée, des doigts à peine léchés ont tourné jusqu’à la troisième ligne de la page 14. Une surprise l’y attendait.

Redorer le blason du quotidien.

 

 

ÉLOGE DU QUOTIDIEN.

 

Chaque jour, c’est la même chose ; se lever, s’habiller pour partir.

Partir. Partir. Pour où ? Quitter son toit. Pour où ?

Quitter ses parents. Pour quoi ?

Quitter ses amis. Pour qui ?

Le cocon s’ouvre lentement, doucement. Son chant innocent, limpide

murmure dans la gorge de l’enfant petit ; va.

Ce cocon qui rassure quand on croit l’avoir perdu.

Ce cocon qui explose de joie quand on est attendu.